Publié par Dogpay ·
La première semaine de septembre a apporté en Afrique un mélange révélateur de symbolisme et de concret : l’ONU a approuvé une carte du monde plus proportionnelle, le Nigéria a fait état d’une croissance vigoureuse parallèlement à des pressions croissantes sur le coût de la vie, et les affirmations des autorités en matière de sécurité se sont heurtées aux chiffres de l’opposition. Voici le tableau complet.
Le 4 septembre, l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé une résolution encourageant les gouvernements et les institutions à utiliser la projection Equal Earth, qui représente les superficies continentales de manière plus proportionnelle que la carte de Mercator, plus familière. La résolution, présentée par le Togo et soutenue par les membres de l’Union africaine, a recueilli 164 voix pour ; six pays se sont abstenus et un a voté contre. Le texte est consultatif et non contraignant.
Ce changement n’est pas que cosmétique. Africanews rapporte qu’avec la projection Equal Earth, l’Afrique apparaît environ 14 fois plus grande que le Groenland, tandis que la projection de Mercator présente les deux territoires comme étant de taille à peu près comparable — une distorsion qui a façonné la perception mondiale du continent pendant des générations. La campagne cible désormais les écoles, les manuels scolaires, les salles de rédaction et les plateformes numériques, afin de rétablir la manière dont la véritable échelle de l’Afrique est enseignée et représentée.
Le renforcement des capacités institutionnelles était également à l’ordre du jour. Le 3 septembre, la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique et la Fondation Gates ont appelé à un investissement accru dans le leadership du secteur public lors d’un webinaire organisé à Abuja sur le programme LEAPS, qui associe auto-évaluation, plans de développement personnel, coaching, apprentissage entre pairs, séminaires techniques et travaux pratiques sur la gestion des finances publiques. L’ACBF a indiqué que les progrès des réformes restent inégaux, car la coordination, la mise en œuvre et la gestion des résistances continuent de limiter les résultats, liant ainsi la réforme institutionnelle à la capacité de financer l’éducation, la santé et la protection sociale.
La sécurité reste la ligne de fracture politique la plus vive. Le 6 septembre, l’Allied Peoples Movement a contesté l’affirmation du ministre de la Défense selon laquelle le terrorisme avait été vaincu et la sécurité s’était améliorée sous le président Bola Tinubu. Le parti d’opposition a cité l’Indice mondial du terrorisme 2026, affirmant que le Nigéria était passé de la sixième à la quatrième place parmi les pays les plus touchés par le terrorisme. Il a également cité plus de ₦7.78 milliards de rançons versés entre juillet 2025 et juin 2026, et allégué que plus de 600 000 personnes avaient été tuées et 2.2 millions enlevées depuis 2023. Ces chiffres sont des affirmations du parti, et non un décompte vérifié de manière indépendante dans les rapports examinés.
Le même jour, l’armée nigériane a fait état d’un gain opérationnel concret. Les troupes de l’opération FANSAN YAMMA ont nettoyé une enclave militante dans la zone de gouvernement local de Tangaza, dans l’État de Sokoto, couvrant Manu, Alkasim, Kandam et l’axe forestier de Magarya. Elles ont récupéré une mitrailleuse PKT, des fusils AK-47, des munitions de 7.62 x 54mm, des motos et du matériel logistique, tandis que les patrouilles de suivi continuaient d’empêcher tout regroupement. Le rapport fait état d’une victoire locale, dans un contexte de dispute nationale persistante sur l’ampleur de l’insécurité.
Cette configuration ne se limite pas au Nigéria. En République démocratique du Congo, un rapport du 5 septembre décrit la mobilisation de ministres, de responsables religieux et de personnalités politiques en faveur d’une révision constitutionnelle qui pourrait ouvrir une nouvelle voie au président Félix Tshisekedi pour briguer un autre mandat. Au Niger, une analyse du 5 septembre décrit le soutien russe en matière de sécurité comme étant davantage axé sur la protection des dirigeants militaires autour d’Abdourahamane Tiani que sur la défaite des groupes armés. Dans les deux cas, la légitimité institutionnelle et les résultats en matière de sécurité sont au centre de la compétition politique.